Association québécoise
pour la protection et
l’observation de la faune

SOS pour les loups de l’Est

Au Québec, la situation des loups est préoccupante et constitue l’une des principales raisons d’être de l’AQPOF.

Curious Wolf Pup
📸 © Erika E. Squires

louveteau
© Erika E. Squires

Les enjeux auxquels sont confrontés les loups sont au cœur de la mission de l’AQPOF. Ils illustrent une problématique plus vaste qui touche l’ensemble des animaux de la faune et les personnes passionnées par leur observation.

En effet, pour toute personne intéressée à mieux connaître les loups, les seules options favorisées par le gouvernement québécois sont la chasse et le piégeage. La législation québécoise fait exclusivement la promotion de ces activités, laissant dans l’ombre d’autres modes d’interaction tels que l’observation animalière et les activités naturalistes.

Ce focus unilatéral a de graves conséquences pour la communauté lupine, car il n’existe aucune limite réglementaire quant au nombre d’individus pouvant être tués. De plus, cela impacte négativement les milieux naturels qu’ils habitent, où ils jouent des rôles écologiques essentiels. Cela constitue également une injustice sociale pour toutes les personnes qui souhaitent les observer vivants.

Cet onglet est dédié à tous les loups du Québec, avec une attention particulière aux loups de l’Est, une espèce menacée mais non reconnue au Québec. Il se veut un centre d’information et d’éducation, offrant un état des lieux unique de leur situation. Surtout, il aspire à changer les perceptions, afin que les loups soient enfin reconnus et traités pour ce qu’ils sont : des êtres intelligents et sentients, les gardiens des écosystèmes et des alliés essentiels dans la lutte pour la biodiversité.

Pourquoi se soucier des loups ?

Tout d’abord, en tant qu’êtres sentients, les loups ont une valeur intrinsèque. En 2015, le Code civil du Québec leur a reconnus la faculté de la sentience, ce qui signifie qu’ils ont la capacité de ressentir des émotions, de la douleur et du bien-être, et de percevoir subjectivement leurs expériences de vie. Ce qui leur arrive leur importe à eux, que cela importe ou non à d’autres.

Ensuite, les loups sont une espèce clé de voûte, ce qui signifie que leur disparition compromet les structures et les fonctions des systèmes naturels. Leur présence dans les milieux naturels est synonyme de richesse biologique, et ils procurent des bénéfices inestimables aux écosystèmes. Les loups jouent un rôle essentiel dans la toile de la vie. Ils enrichissent la biodiversité de notre planète et les écosystèmes qu’ils habitent.

Le parc de Yellowstone, aux États-Unis, est sans doute l’exemple le plus célèbre de l’importance écosystémique des loups. Victimes d’une campagne éradicatrice de chasse et de piégeage, les loups ont complètement disparu du parc au début du 20ième siècle, provoquant une dégradation écologique affligeante et alarmante.

À l’inverse, leur réintroduction en 1995 a entraîné une cascade d’effets bénéfiques : amélioration de la santé globale des populations de plus petits prédateurs et de proies, augmentation de la diversité des espèces, allant des cerfs aux castors en passant par une grande variété d’oiseaux, et meilleure santé des végétaux, des sols et même des rivières. Les loups ont démontré qu’ils ne se contentent pas de chasser : ils insufflent la vie à une multitude d’êtres et revitalisent des écosystèmes entiers.

Plus près de chez nous, le sud du fleuve Saint-Laurent illustre de manière saisissante le rôle clé de voûte des loups et les déséquilibres écosystémiques causés par leur absence. Par exemple, le parc Michel-Chartrand, le parc national des Îles-de-Boucherville et le parc national du Mont-Saint-Bruno subissent des dérèglements en raison de l’absence de loups, entraînant une surpopulation de cerfs de Virginie et des abattages massifs par les humains. De plus, la disparition des loups a permis aux coyotes, qui ne sont pas une espèce indigène du Québec, de proliférer. Contrairement aux loups, les coyotes s’adaptent bien aux milieux ouverts, habités ou non, ce qui suscite des inquiétudes parmi les populations locales.

D’ailleurs, 83 % des canadiennes et canadiens considèrent les loups comme des membres importants des écosystèmes canadiens et estiment qu’ils devraient être protégés. Lorsque les gens comprennent mieux l’importance écologique des loups, ils entretiennent moins de craintes à leur égard et sont plus favorables à la mise en place de mesures de conservation pour l’espèce.

Enfin, les loups offrent également d’importants services écosystémiques culturels, des bénéfices immatériels précieux pour l’humanité. Leur présence dans la nature suscite fascination et admiration. Culturellement, les loups occupent une place singulière dans l’imaginaire humain, vénérés et mythifiés pour leur intelligence et leur résilience. Ils sont souvent des symboles dans la mythologie, les légendes et les histoires populaires, influençant l’art, la littérature et les traditions orales, Les chants emblématiques des loups ajoutent une dimension sonore unique aux paysages naturels, enrichissant ainsi l’expérience sensorielle et émotionnelle des lieux sauvages. Observer les loups dans leurs habitats naturels offre également des opportunités d’écotourisme, attirant des visiteurs et des chercheurs désireux de comprendre et d’apprécier ces créatures fascinantes.

Cerfs de virginie
© Hugues Deglaire
01/10/2021

Et les loups de l’Est, pourquoi les protéger ?

Les loups de l’Est présentent un patrimoine génétique tout à fait unique. Les experts scientifiques soulignent que « le loup de l’Est a également une importance particulière parce qu’il constitue peut-être la dernière population sauvage importante du loup roux, espèce gravement menacée d’extinction aux États-Unis ». En cette crise de la biodiversité, le patrimoine génétique d’une espèce clé de voûte est particulièrement précieux. En effet, les loups de l’Est exercent une influence distincte sur les écosystèmes. En raison de leur taille et de leurs proies de prédilection, leur rôle dans une région diffère de celui des coyotes de l’Est, plus petits, et des loups gris, plus grands. Comme l’illustre le cas du parc de Yellowstone, aux États-Unis, la disparition des loups peut entraîner de nombreuses conséquences pour les écosystèmes, dont plusieurs sont difficiles à prévoir avant qu’elles ne se produisent.
Loups
©Luc Farrell

Qui sont les loups de l’Est ?

Les loups de l’Est (Canis lupus lycaon) sont une espèce distincte de loups. La couleur de leur pelage varie, mais elle passe généralement du brun rougeâtre au brun taupe, voire au noir, au blanc ou au gris, avec des pattes antérieures rougeâtres. Plus petits que d’autres espèces de loups et plus grands que les coyotes, ils peuvent atteindre un poids de 20 à 35 kg. Ils se nourrissent principalement de cerfs de Virginie et de castors, mais ne dédaignent pas d’autres ongulés, tels que les orignaux et les élans, ainsi que d’autres petits mammifères. 

Avec les loups gris, les loups boréal (hybrides entre les loups gris et les loups de l’Est) et les coyotes de l’Est (hybrides entre les loups de l’Est et les coyotes), ils font partie des quatre grands canidés présents au Québec.          

Passing-By
© Erika-E.-Squires

Où trouve-t-on des loups de l’Est ?

La répartition des grands canidés tend généralement à être influencée par la végétation dominante. Les loups boréaux vivent principalement dans la forêt boréale, les loups gris habitent les régions nordiques comme la taïga et la toundra, et les coyotes de l’Est se trouvent un peu partout au Québec, surtout dans les forêts feuillues au sud du fleuve Saint-Laurent.

Quant aux loups de l’Est, ils se trouvent aujourd’hui principalement dans les forêts feuillues et mixtes de la rive nord du fleuve Saint-Laurent, près des régions densément habitées du sud du Québec. Ils vivent notamment dans la région du parc du national Mont-Tremblant, du parc national de la Mauricie, de la réserve faunique de Papineau-Labelle, de la réserve faunique des Laurentides et de la ZEC de Maganasipi. Ils sont également présents en Ontario, principalement dans le parc Provincial Algonquin.

Camera de sentier
© Angelique Dupuch
22/05/2023

Autrefois, les loups de l’Est occupaient une aire de répartition beaucoup plus vaste, incluant tout le nord-est de l’Amérique du Nord, d’où ils ont été exterminés.

Fait intéressant : les loups de l’Est ne sont vraisemblablement pas confinés au nord du fleuve Saint-Laurent : ils atteignent également le nord-est des États-Unis. Certaines photographies fournies par la Maine Wolf Coalition montrent des individus s’apparentant aux loups de l’Est. Des recherches génétiques sont en cours pour soutenir les efforts de rétablissement des loups dans tout le nord-est des États-Unis et l’est du Canada.

© Maine Wolf Coalition
NEWA-1 Image 2 Image 3 Image 4

Quel est le problème ?

Les populations des loups de l’Est sont aujourd’hui réduites à quelques centaines d’individus, ce qui témoigne du grand péril qui les menace.

Déjà en 2001, leur déclin était signalé par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC, qui désignait alors les loups de l’Est « espèce préoccupante ». En 2015, le COSEPAC attirait l’attention sur le faible nombre d’individus matures, estimés à moins de 1000. Cependant, « comme la plupart des mentions de l’espèce ont été faites dans des aires protégées, la taille de la population mature du loup de l’Est se rapproche sans doute plutôt de 236 individus ». En réalité, seulement 170 à 195 loups de l’Est (tous âges confondus) ont été identifiés au cours des 10 à 15 dernières années.

Le COSEPAC avait alors recommandé au gouvernement fédéral de faire passer les loups de l’Est du statut d’« espèce préoccupante » à celui « espèce menacée » en raison des menaces qui pèsent sur ses populations confinées au Québec (surtout dans le parc national du Mont-Tremblant) et en Ontario. Le principal danger qui guette ces canidés, précise le COSEPAC, « est sans doute la mortalité d’origine humaine par chasse et piégeage », permise à l’extérieur des aires protégées et facilitée par le réseau routier.

Malgré cela, le gouvernement québécois encourage la chasse et le piégeage des loups, leur accordant le double statut de « petit gibier » et d’« animal à fourrure ». Il fait la promotion du piégeage des canidés et en ne fixe aucune limite réglementaire quant au nombre de loups chassés ou piégés.

Les rares aires protégées du Québec qui accueillent les loups de l’Est, telles que le parc national du Mont-Tremblant et le parc national du Canada de la Mauricie, offrent une superficie bien trop restreinte pour ces derniers. Pour se nourrir et se reproduire, ces derniers ont besoin d’un territoire allant de 33 km2 à plus de 6 000 km2, avec une moyenne de 190 km2. Dès qu’ils sortent des limites de ces aires protégées, ils s’exposent aux pièges, aux tirs et aux accidents routiers.      

Sans actions concrètes au Québec, cette espèce emblématique sera affectée au-delà de tout espoir de rétablissement.

Algonquin Pair
©Erika E. Squires

Que se passe-t-il en Ontario et au Canada ?

En Ontario, les loups de l’Est sont classés « espèce menacée » depuis 2016, bénéficiant ainsi de mesures de protection contre la chasse et le piégeage mises en place par le gouvernement provincial. Par exemple, l’Ontario a restreint la chasse et le piégeage des loups en fermant la saison estivale et en limitant le nombre de prises annuelles à deux par chasseur/piégeur. De plus, ces activités sont interdites non seulement dans certains parcs nationaux, mais également dans leurs pourtours.

Au Canada, c’est en novembre 2023 qu’Environnement et Changement climatique (ECC) publie enfin un décret proposant que les loups de l’Est soient désignés comme « espèce menacée ».  Ce changement de statut impliquerait « qu’il serait interdit de tuer, de nuire, de harceler, de capturer, de prendre, de posséder, de collectionner, d’acheter, de vendre ou d’échanger l’espèce ou toute partie ou tout produit dérivé de celle-ci. Il est également interdit d’endommager ou de détruire la résidence (par exemple, […]  la tanière) ». 

De telles interdictions s’appliqueraient d’abord aux « terres fédérales », mais elles devraient ensuite être étendues dans le cadre d’un programme de rétablissement visant à désigner les habitats essentiels de ces canidés. L’élaboration de ce plan devrait se faire en collaboration avec les provinces concernées, dont le Québec, et entraînerait la mise en place de mesures de protection dans les secteurs forestiers où se trouvent les loups de l’Est. Ces loups se nourrissent principalement de cerfs de Virginie et d’orignaux, deux espèces particulièrement prisées par les chasseurs.

© Rosemary Harris

Pourquoi le gouvernement québécois résiste-t-il encore ?

Quant à lui, le gouvernement québécois s’oppose au projet fédéral de reclassifier les loups de l’Est dans une catégorie de risque plus élevée.

Pourquoi?

La priorité aux activités de chasse et de piégeage

Le ministère responsable de la faune s’inquiète des « répercussions économiques négatives sur la province » qu’aurait cette reclassification, craignant pour les « activités récréatives telles que la chasse et le piégeage » et les « activités commerciales comme le traitement des fourrures brutes ».

Cependant, la possibilité de telles « répercussions économiques » n’a pas constitué un obstacle en Ontario, où le parc provincial Algonquin attire chaque année des milliers de personnes désireuses d’en apprendre davantage sur ces canidés, ni pour le parc de Yellowstone aux États-Unis, où le rétablissement des populations de loups a généré des retombées économiques additionnelles de plus de 69 millions de dollars US par an. Ces deux exemples démontrent l’existence de modèles économiques fructueux différents de celui en place au Québec.

Il est à noter que la Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune limite la notion de « mise en valeur » de la faune aux activités de chasse, de piégeage et de pêche, sans reconnaître d’autres activités telles que l’observation animalière comme des activités fauniques. Cette conception étroite prive le Québec d’opportunités prometteuses et de retombées économiques positives pour l’industrie touristique, tel que le démontrent le parc provincial Algonquin et le parc national de Yellowstone. Les ventes de peaux ou de permis de piégeage ne constituent certainement pas un pilier économique pour le Québec.

Un refus de reconnaître l’espèce, malgré le consensus scientifique

Dans son opposition à la reclassification fédérale, le gouvernement québécois « ne reconnaît pas officiellement le loup de l’Est comme une espèce en raison de sa taxonomie incertaine et des lacunes dans les connaissances entourant l’identification physique, la répartition géographique et l’abondance des espèces de canidés dans la province ».

Cette posture est surprenante, surtout qu’en 2017 le gouvernement québécois avait lui-même cartographié la présence de 13 loups de l’Est dans le sud-ouest du Québec et, en 2023, reconnu leur statut d’espèce préoccupante, soulignant les défis associés à cette désignation.

Dans la communauté scientifique, « il y a maintenant un consensus à savoir que le loup de l’Est n’est pas une sous-espèce du loup gris ». Cette incertitude taxonomique semble donc être exclusive au Québec, et est en décalage avec l’état des connaissances scientifiques actuelles.

Le gouvernement québécois justifie également son opposition par les défis reliés à l’identification physique des canidés (par exemple, différencier un loup de l’Est d’un coyote de l’Est). Pourtant, c’est justement sur cette méthode que se base le gouvernement pour établir son bilan d’exploitation des loups gris. Autrement dit, le gouvernement jugerait que l’identification physique est une méthode valable pour déclarer que les loups gris sont « en bonne situation et que la population semble se maintenir à des niveaux stables » (communication personnelle, 30 novembre 2023). En revanche, il soutient que cette méthode ne lui permet pas d’acquérir de précieuses connaissances sur les loups de l’Est.

Il est important de rappeler que le plan de gestion des loups de l’Est du gouvernement fédéral recommande depuis plus de 10 ans au gouvernement québécois d’accroître ses connaissances sur les loups, notamment en ce qui concerne leur abondance et leur distribution dans la province.

Rappelons que le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP) a pour mission de protéger les êtres animaux de la faune et l’environnement, deux mandats qui devraient l’inciter à se préoccuper particulièrement de la situation d’une espèce emblématique et clé de voûte comme les loups, étant donné les rôles essentiels qu’ils jouent dans les milieux naturels.

En pleine crise de la biodiversité et face aux extinctions massives, les loups méritent enfin notre soutien.

Wolf pup in the grass
© Erika E. Squires

D’où vient la polémique sur la reconnaissance des loups de l'Est ?

La polémique entourant la reconnaissance des loups de l’Est trouve son origine dans la difficulté à les distinguer morphologiquement des loups boréaux et des coyotes de l’Est, nécessitant des tests génétiques pour une identification précise. Cependant, les interprétations des données génétiques n’ont pas toujours été unanimes.

Les loups de l’Est ont été initialement été classés comme une sous-espèce de loups gris, en raison de similitudes génétiques avec ceux-ci le loup gris et les coyotes. Des limites dans les méthodes d’analyse ainsi qu’une la qualité et une la quantité limitées d’es échantillons ont contribué à cette confusion. En effet, la plupart des études ont été entravées par un nombre restreint de marqueurs génétiques (une séquence d’ADN identifiables et mesurables qui peut être utilisée pour suivre une caractéristiques génétiques particulières ou pour distinguer entre des individus ou des populations) et par des logiciels d’analyse qui, basés sur des probabilités d’assignation, étaient sensibles à la taille des échantillons. De plus, des mélanges accidentels d’échantillons de loups de l’Est avec ceux d’autres espèces ont faussé les conclusions sur l’hybridation et la classification des loups.

Les récentes avancées en génomique ont permis de rectifier ces biais, confirmant que les loups de l’Est constituent une entité génétique distincte, et ne sont pas de simples hybrides entre les loups gris et les coyotes. Parmi les experts qui les reconnaissent comme espèce à part entière, notons:

Loup
© Julie & Eric Wildlife & Nature

Les loups sont-ils dangereux pour les humains ?

Les loups ne représentent pas une menace pour les humains. En fait, ils préfèrent rester loin d’eux!

Face à des installations telles que des campements forestiers composés de quelques bâtiments, les loups maintiennent une distance prudente de 0,5 km la nuit et de 1 km le jour. Dès une distance de 300 mètres, la présence humaine provoque une réaction de fuite chez les loups. Lorsqu’un loup patrouille sur son territoire et détecte la présence d’un humain dans un rayon de 200 mètres, il interrompt son activité et reste immobile jusqu’à ce que l’intrus s’éloigne.

Ironiquement, alors que les humains ont construit toute une mythologie autour du « grand méchant loup », ce sont les loups qui sont victimes des interventions humaines, et non l’inverse. Entre 2002 et 2020, au Canada et en Alaska, seulement neuf attaques de loups ont été répertoriées entre 2002 et 2020, dont deux mortelles (en Alaska et en Saskatchewan). La majorité de ces attaques impliquait des loups habitués aux humains en raison de comportements inappropriés de la part de ceux-ci, tels que le conditionnement à la nourriture. Ces incidents, bien que rares, sont souvent prévisibles et évitables.

Les loups ne sont pas sans rappeler une espèce particulièrement chère aux humains: les chiens, dont ils sont les ancêtres et les semblables. Les qualités que nous admirons chez nos compagnons de vie, telles que leur individualité, leurs capacités cognitives et leur émotivité, se retrouvent également chez les loups. Il n’est donc pas étonnant que la majorité des Canadiennes et des Canadiens aient une opinion favorable des loups. En effet, 70 % d’entre elles et eux ont une attitude positive à leur égard,  77 % les considèrent même comme une espèce emblématique.

Cette bienveillance générale envers les loups laisse entrevoir le succès potentiel de programmes d’éducation sur le vivre-ensemble pour les communautés vivant à proximité des loups. Ces programmes fourniraient des informations sur le comportement des loups, des stratégies pour éviter les rencontres et des mesures non létales pour les effaroucher et protéger les animaux domestiques. Ils présenteraient les loups de manière réaliste, dissipant les peurs et soulignant leur intelligence et leur rôle crucial dans la biodiversité. Ces initiatives renforceraient l’engagement local dans la protection des loups tout en garantissant la sécurité et une cohabitation harmonieuse entre les communautés humaines et lupines.

Une petite histoire de la « gestion » des loups au Québec

Cette ligne du temps retrace l’évolution de nos relations avec les loups au Québec. 

La campagne de primes, qui s’est étalée sur plus d’un siècle et perdure encore dans certains endroits, a certainement eu un impact significatif sur les populations de loups. Malheureusement, cette réalité n’a jamais été officiellement documentée par le gouvernement québécois. 

Quels sont les impacts de tuer ne serait-ce qu’un seul loup ?

Dans le domaine de la gestion de la faune, les animaux sauvages sont considérés en termes d’« espèces », et non d’individus. Cette perspective rend acceptable la mise à mort d’individus tant que la survie ou l’intégrité de l’espèce n’est pas menacée.

Cependant, pour les individus concernés, la réalité est toute autre. Voici les conséquences sous-estimées de la mise à mort d’un loup.

Les loups, tout comme les chiens, sont des êtres sociaux. Ils tissent des liens étroits au sein de leur groupe. Ils manifestent de l’empathie, veillent les uns sur les autres et sont éprouvés par la perte de leurs proches. La mort d’un seul loup ne se limite donc pas à sa disparition: elle afflige ceux qui l’entourent. De nombreux cas documentés montrent des loups refusant d’abandonner un congénère blessé ou prisonnier d’un piège.

De plus, la mise à mort d’un loup cause une déstabilisation sociale de sa meute. Les loups vivent en meutes avec des structures sociales complexes, dirigées par un couple reproducteur; les alphas. Les autres membres de la meute, qui leur sont souvent apparentés, aident à chasser, protéger le territoire et élever les jeunes. La perte d’un membre de la meute peut entraîner de nombreux problèmes. Elle perturbe l’équilibre de la meute, suscite des conflits et affecte l’efficacité de la chasse et de la défense du territoire. Les techniques de chasse en groupe, apprises au sein de la meute, peuvent être perdues, mettant en péril la survie des autres membres, surtout les louveteaux. Avec la disparition d’un loup, c’est tout un savoir-faire qui disparaît. La meute peut mettre beaucoup de temps avant de retrouver un équilibre, ce qui ralentit la croissance de la population des loups.

Pire encore, la disparition d’un loup reproducteur peut entraîner la dissolution de la meute. Les membres restants se dispersent, augmentant ainsi les risques d’hybridation avec les coyotes en raison du manque de partenaires de la même espèce. Les conséquences de cette hybridation sont significatives : une diminution de la diversité génétique, compromettant leur capacité à s’adapter aux changements environnementaux et à résister aux maladies.

Les conséquences ne s’arrêtent pas là. L’hybridation entre les coyotes et les loups de l’Est, appelés coyotes de l’Est, peut perturber l’équilibre écologique en modifiant les interactions entre les espèces. Ces hybrides ne remplissent pas les mêmes fonctions écologiques que les loups de souche, ce qui peut altérer les dynamiques naturelles de prédation et compétition. Leur taille plus petite les rend moins efficaces pour réguler les populations animales, ce qui entraîne une surpopulation de certaines proies, un surbroutage et une dégradation des habitats. De plus, ce changement de rôle écologique peut causer une compétition accrue pour les ressources alimentaires et territoriales avec d’autres espèces, telles que les renards.

Wet Wolf
© Erika E. Squires

Quels problèmes risquent de survenir si nous limitons la chasse et le piégeage des loups?

D’entrée de jeu, précisons qu’il n’y a pas de risques de surpopulation de loups. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce n’est pas le nombre de loups qui détermine le nombre de cerfs ou d’orignaux, mais l’inverse. La densité des populations de loups se régule en fonction de la densité des proies disponibles. Notons d’ailleurs que lorsque les loups sont présents dans un milieu, les cerfs et les orignaux sont plus grands et plus forts ont plus de chances de survivre à l’hiver.

Limiter la chasse et le piégeage des loups ne priverait donc pas les chasseurs de l’accès à d’autres espèces, telles que les cerfs de Virginie et les orignaux, qu’ils considèrent comme du « gibier ». Dans l’éventualité peu probable d’une compétition pour l’accès à ces espèces, ce sont les loups, et non les chasseurs humains qui en feraient les frais. Étant des êtres territoriaux, ils pourraient éventuellement se déplacer vers le nord, vers des zones où la pression de la chasse humaine est moindre.

La chasse et le piégeage sont également utilisés pour protéger les animaux d’élevage des loups. Toutefois, c’est plutôt l’élevage animal qui nuit aux loups. Au Québec et ailleurs, la conversion de terres naturelles en pâturages pour les animaux d’élevage et en cultures pour les nourrir est la principale cause de destruction et de fragmentation d’habitats naturels. Elle laisse les animaux sauvages avec toujours moins d’espaces et de proies disponibles… et parfois avec des animaux d’élevage à portée de crocs.

Il existe une panoplie de méthodes non létales et sans cruauté pour protéger ces derniers, telles qu’une surveillance accrue, le recours à des chiens de garde, des clôtures électriques ou grillagées, et des dispositifs d’effarouchement comme les alarmes, lumières et munitions non létales. Une gestion efficace des carcasses d’animaux d’élevage est également cruciale pour ne pas attirer les loups.

Concernant d’hypothétiques risques pour les humains, rappelons que limiter la chasse et le piégeage des loups ne mènera pas à une surpopulation de ces derniers, et qu’ils ne constituent pas une menace pour les humains. Pour plus d’informations, nous vous invitons à consulter la section « Les loups sont-ils dangereux pour les humains? »

Loup costal
© Julie & Eric Wildlife & Nature

Quels avantages la société retire-t-elle de la protection des loups ?

Ces avantages sont à la fois nombreux, diversifiés et significatifs.

L’un des principaux avantages est de permettre aux loups de jouer leur rôle essentiel pour la richesse biologique et les écosystèmes luxuriants (voir la section « Pourquoi se soucier des loups ? »). Ils sont des acteurs clés dans la lutte contre la crise de la biodiversité et les extinctions massives. Leurs fonctions écosystémiques constituent une raison incontournable de protéger ces gardiens des milieux naturels.

De plus, la présence des loups dans leurs milieux d’origine permet de réguler les populations d’autres animaux, qu’ils soient prédateurs ou proies. Par exemple, les surpopulations de coyotes et de cerfs de Virginie, qui posent problème dans plusieurs secteurs, engendrent des coûts pour les municipalités et donc pour les contribuables, notamment pour le contrôle des « nuisances ». En maîtrisant ces surpopulations, les loups fournissent des services écosystémiques précieux et gratuits, économisant ainsi aux contribuables des frais évitables.

Le rôle de régulateur des loups offre d’autres avantages significatifs pour les humains en termes de santé et de sécurité. Par exemple, en limitant le nombre de coyotes, les loups favorisent l’augmentation des populations de renards. Ces derniers, bien adaptés aux environnements modifiés par les humains, sont particulièrement efficaces pour chasser les animaux porteurs de tiques. Par conséquent, ils contribuent à réduire la prévalence des maladies telles que la maladie de Lyme dans les habitats naturels et urbains. De plus, la prédation des loups sur les grands ongulés, tels que les orignaux et les cerfs de Virginie, aide à contrôler leurs populations, ce qui diminue les risques de collisions routières.

Comment protéger les loups?

Il existe une série de mesures à mettre en place pour favoriser la santé des populations de loups au Québec et, dans certains cas, leur survie. La plupart de ces mesures relèvent des autorités gouvernementales.

Concernant les loups de l’Est, une espèce menacée reconnue par l’Ontario et le Canada, la première étape pour le gouvernement québécois serait de reconnaître l’existence même de cette espèce et de l’inscrire à la Liste de la faune vertébrée du Québec (LFVQ). La deuxième étape consisterait à suivre l’exemple de l’Ontario et du Canada en accordant aux loups de l’Est le statut d’« espèce menacée » en vertu de la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables (LEMV).

Cette avancée majeure s’accompagnerait de la mise en œuvre de mesures concrètes telles que :

L’établissement de zones tampons d’un minimum de 30 km de rayon autour des parcs et des aires protégées, où la chasse et le piégeage des loups et des coyotes seraient interdits.

L’interdiction du piégeage des coyotes dans ces zones, car les collets ne distinguent pas entre les espèces de canidés, qu’elles soient protégées ou non.

L’interdiction, dans tout le Québec, de piéger les canidés pendant la période de reproduction des loups, de janvier à mars.

Puisque la protection des loups passe par celle de leurs habitats, il est crucial d’augmenter les superficies d’aires protégées au Québec, y compris au sud du 49e parallèle. Plusieurs de ces aires devraient également être exemptes de piégeage et de chasse, y compris du « contrôle » gouvernemental des prédateurs. En créant des corridors fauniques, la connectivité entre ces aires serait assurée, facilitant les déplacements des loups et de nombreuses autres espèces.

La protection des loups repose également sur une connaissance approfondie et une acquisition continue de données. À cet égard, le gouvernement québécois doit, à tout le moins, mettre en œuvre le plan de gestion des loups de l’Est, tel que recommandé par le gouvernement fédéral depuis plus de 10 ans. Il est urgent d’augmenter de manière significative les connaissances sur les loups, y compris leur distribution dans la province, et d’assurer un suivi rapproché des populations sans recourir à des méthodes létales. Ces mesures doivent être entourées de la plus grande transparence, avec des données facilement accessibles sur le site Internet du gouvernement.

Plus spécifiquement, il devient impératif pour le gouvernement québécois de rendre public le guide de reconnaissance des espèces de canidés élaboré par les biologistes Michel Hénault et Hélène Jolicoeur.

De plus, le gouvernement doit plus que jamais remplir sa mission d’éducation et de sensibilisation du public, notamment sur :

L’importance écologique cruciale des loups;

Leurs mœurs, comportements et habitudes;

Les moyens de contribuer à leur préservation;

La cohabitation harmonieuse entre les communautés lupines et humaines.

Dans sa mission d’éducation, le gouvernement peut s’inspirer d’initiatives déjà existantes telles que la Journée Internationale des loups, la Wolf Awareness Week aux États-Unis, le mois des loups de l’AQPOF, ainsi que tous les efforts d’acquisition de connaissances et de sensibilisation déployés par le parc national du Mont-Tremblant.

© Julie & Éric
– Wildlife & Nature

La protection des loups, n’est-ce pas une sensiblerie d’extrémistes qui ne connaissent rien de la nature ?

En présentant le débat de cette manière, on semble implicitement accepter le présupposé que certaines personnes connaissent la nature. Cependant, il est crucial de distinguer entre connaissances empiriques et savoirs scientifiques, et de ne pas privilégier les premières au détriment des seconds.

Des connaissances empiriques acquises par une expérience pratique sur le terrain ont certainement une grande valeur. Toutefois, elles sont souvent liées à une vision passéiste de la gestion des espèces sauvages, basée sur le principe que ces espèces appartiennent au public et doivent être maintenues à des niveaux de populations permettant leur utilisation optimale. Conformément à la Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune (LCMVF), ce public se compose exclusivement de chasseurs, de piégeurs et de pêcheurs.

De plus, et surtout, ces connaissances empiriques ne devraient pas supplanter les savoirs scientifiques, qui se sont considérablement affinés au fil des ans. Les sciences écologiques, biologiques, environnementales, comportementales et éthologiques, notamment, nous apportent d’importantes informations sur les écosystèmes naturels et leurs habitants. La communauté scientifique reconnaît le rôle écosystémique essentiel des loups, qui sont synonymes de richesse et de résilience écologiques.

En outre, les sciences biologiques et cognitives reconnaissent la faculté de sentience chez les animaux dotés d’un système nerveux. Ces êtres sont capables d’éprouver des sensations de manière subjective, de ressentir de la douleur, de la détresse ou de la peur, et de se préoccuper de leur sort, de ce qui leur arrive à eux. Les sciences juridiques reconnaissent aussi cette notion. En 2015, le législateur québécois ancré la sentience animale dans le Code civil du Québec, marquant ainsi l’évolution des préoccupations sociétales à l’égard des animaux, y compris ceux de la faune.

Plutôt que de sensiblerie, il s’agirait donc de progrès éthiques et scientifiques.

Quel avenir pour les activités fauniques ?

Bien que certaines personnes considèrent la chasse et le piégeage comme des traditions traditionnelles familiales ou amicales, ces pratiques connaissent un déclin important, signe que la majorité des gens se tournent déjà vers d’autres façons de profiter de la nature. Il y a plus de 50 ans que le grand public réclame des activités non-consommatrices de la faune, qui génèrent d’ailleurs déjà des millions de dollars par an aux États-Unis, au Canada et au Québec.

Il existe en effet de nombreuses autres activités enrichissantes et respectueuses de l’environnement. Ces alternatives sont non seulement mieux alignées avec les préoccupations sociales contemporaines, mais elles offrent également des expériences éducatives et durables. C’est le cas de l’observation faunique et des activités naturalistes qui permettent aux familles de se connecter à la nature de manière plus éthique. Ces activités favorisent une meilleure compréhension des écosystèmes et des espèces qui y vivent, tout en développant un profond respect pour la biodiversité.

Loup
© Julie & Eric Wildlife & Nature

Quels seraient les impacts socio-économiques de restrictions sur la chasse et le piégeage des loups ?

Ces impacts sont les principales raisons invoquées par le gouvernement québécois pour s’opposer à la protection des loups de l’Est. Il cite les activités récréatives telles que la chasse et le piégeage, ainsi que les activités commerciales comme le traitement des fourrures brutes.

En ce qui concerne les activités récréatives, il est pertinent de souligner que la chasse compte environ 300 000 pratiquants et le piégeage 7 000, soit à peine 3 % de la population québécoise. Quant aux fourrures de loups, leur valeur sur le marché oscille entre 65 et 204 $ selon leur taille et leur couleur. Ainsi, aucun de ces deux volets ne représentent un pilier économique pour le Québec.

Par ailleurs, les éventuelles répercussions socio-économiques découlant de restrictions sur la chasse et le piégeage des loups pourraient être compensées par des activités fauniques mieux alignées sur les valeurs et les préoccupations de l’ensemble de la population. C’est notamment le cas des activités d’observation animalière, déjà populaires et qui le seraient bien davantage avec le soutien et la promotion du gouvernement.

À titre d’exemple, le parc national de Yellowstone aux États-Unis et le parc Algonquin en Ontario ont réussi à concilier la protection des loups avec le développement économique et touristique, générant chaque année des millions de dollars grâce à cette vision progressiste.

En résumé, ces préoccupations socio-économiques découlent directement de la Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune (LCMVF). Celle-ci envisage uniquement les animaux sauvages comme des « ressources fauniques » et leur « mise en valeur » comme leur mise à mort.

Pourtant, les loups possèdent une gamme de valeurs bien plus étendue, incluant leurs valeurs écologiques, culturelles, symboliques, sensorielles et émotionnelles (voir la section « Pourquoi se soucier des loups ? »).

En 2024, la valeur attribuée aux animaux de la faune en général, et aux loups en particulier, devrait résider dans leur vie plutôt que dans leur mort.

N’y a-t-il pas des lois qui protègent les loups de l’Est ?

La réponse à cette question dépend largement de la manière dont nous définissons la notion de « protection ». Dans le cas des loups et d’autres animaux sauvages, il serait plus approprié de parler de « conservation ». Selon cette approche, les animaux sauvages sont considérés comme des « ressources fauniques » qu’il faut gérer et dont on doit maximiser les populations pour permettre une utilisation optimale par le public. Conformément à la Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune (LCMVF), ce public se compose exclusivement de chasseurs, de piégeurs et de pêcheurs.

En vertu de la LCMVF, il est légal de « pourchasser un animal, le poursuivre, le harceler, le traquer, le mutiler, (…) le tuer, le capturer, ou tenter de le faire ». Non seulement ces actions sont-elles permises, mais elles sont également encouragées, car elles sont intégrantes des activités de chasse, de piégeage et de pêche promues par le gouvernement québécois dans le but de « mettre en valeur » la faune.

Ces traitements réservés aux animaux de la faune diffèrent grandement de la notion de « protection » offerte à d’autres catégories d’animaux. Ils ne prennent pas en considération les modifications apportées en 2015 au Code civil du Québec, qui reconnaissent la sentience chez les animaux et l’importance de répondre à leurs besoins essentiels. Ces changements ont conduit à l’adoption de la Loi sur le bien-être et la sécurité de l’animal (Loi BÊSA), visant à garantir le bien-être et la sécurité des animaux domestiques tout au long de leur vie, reflétant ainsi l’évolution des préoccupations sociétales à leur égard. Malheureusement, ces avancées législatives n’ont pas percolé le milieu de la faune.

De plus, comme expliqué dans la section « Pourquoi le gouvernement québécois résiste-t-il encore ? », le gouvernement du Québec ne reconnaît même pas les loups de l’Est comme une espèce distincte. Par conséquent, ces loups ne sont pas répertoriés sur la Liste de la faune vertébrée du Québec (LFVQ) et ne bénéficient pas d’un statut de protection par la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables (LEMV).

À la lumière de ces faits, il est donc approprié de conclure qu’il n’existe actuellement aucune loi visant à protéger les loups de l’Est.

Loup
© Luc Farrell

Qui sont les alliées des loups ?

Heureusement, de plus en plus de personnes prennent conscience de la situation et de la nécessité de s’informer, de sensibiliser et d’agir.

Le parc national du Mont-Tremblant déploie d’importants efforts en matière de sensibilisation, d’éducation, et de collecte d’informations concernant les loups.

Un onglet entier de son site Internet est dédié à démystifier ces acteurs essentiels des écosystèmes, à présenter ses projets d’éducation et de sensibilisation du grand public et à exposer les études génétiques en cours au sein du parc : https://www.sepaq.com/pq/mot/loups/index.dot

En 2022, le parc national a publié son Plan de protection des meutes de loups, visant à assurer la survie de la population de loups à l’intérieur du parc et dans ses environs.

Le Clan des Loups d’Amérique du Nord (CLAN) : fondé en 1997, le CLAN est le premier et le seul organisme au Québec entièrement dédié à la protection des loups. Il a joué un rôle pionnier en sensibilisant le public et en intervenant auprès du ministère de la Faune. Son site Internet demeure une source d’informations incontournable, et ses membres fondateurs continuent de répondre aux demandes ponctuelles.

La Société Art et Science pour la Nature (SAS Nature) : créée en 2008 afin de protéger la faune et d’éduquer et de sensibiliser le public. La SAS nature soutient la mission de l’artiste peintre et naturaliste Gisèle Benoit, particulièrement engagée auprès des animaux libres et sauvages. La famille Benoit est l’auteure de la websérie « Ma’iingan, au pays du loup », qui raconte son séjour de plusieurs années au sein de la meute des Manitous, dans le nord de l’Ontario. Leurs rencontres aussi éducatives qu’émouvantes sont un vibrant témoignage de l’importance de mieux connaître ces fascinants êtres lupins.

Crée en 2015, la Communauté Droit animalier Québec (DAQ) œuvre pour faire progresser le droit animalier au Québec. Un volet de ses activités est consacré aux êtres animaux de la faune et explore notamment les questions de bien-être animal soulevées par la législation de ce domaine. La Communauté DAQ fait d’ailleurs partie des organismes québécois qui ont exprimé leur soutien au projet fédéral de reclassification des loups de l’Est lors de la période de consultation.

L’AQPOF est une voix pour les loups au Québec. Engagée dans la protection de la faune, elle se préoccupe particulièrement de ces laissés pour compte de la scène naturelle québécoise. En promouvant les activités d’observation animalière, elle met de l’avant des pratiques fauniques pérennes et respectueuses des êtres sentients qui habitent nos milieux naturels. L’AQPOF insiste sur l’importance de suivre l’exemple du parc national de Yellowstone et du parc Algonquin en Ontario, qui ont réussi à concilier la protection des loups avec le développement économique et touristique.

L’AQPOF soutient également le projet fédéral de reclassification des loups de l’Est et a partagé ses observations lors de la période de consultation.

La North-East Wolf Recovery Alliance (NEWRA) est un regroupement binational qui a pour mission de faciliter le rétablissement des loups dans tout le nord-est des États-Unis et l’est du Canada.

Les objectifs de la NEWRA sont de :
  • collaborer et partager les informations sur le rétablissement et la conservation des loups entre les groupes d’intérêt de ces régions.
  • proposer ou modifier les lois et règlements concernant les Canis sauvages afin de faciliter le rétablissement des loups dans toute la région.
  • mener des recherches sur la génétique des canidés dans le nord-est et l’est du Canada.
  • établir des relations de coopération intra et transfrontalières entre les agences fédérales et d’État chargées de la faune sauvage et les agences et organisations provinciales.

Ses organisations membres sont :

Qu’en disent les médias au Québec ?

Un loup « menacé d’extinction » divise Québec et Ottawa (Le Journal de Montréal, Mathieu-Robert Sauvé – 5 décembre 2023

Loup de l’Est : on est loin du statut de protection pour le Québec (Entrevue de l’AQPOF avec Mario Dumont) – 6 décembre 2023

Une espèce de loup menacée… qui n’existe pas selon Québec (Le Devoir, Alexandre Shields – 20 janvier 2024

Une déclaration étonnante – Lettre d’opinion de Michel Hénault, biologiste, Le Devoir – 31 janvier 2024